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Vent d’Est Vent d’Ouest 21 décembre 2009

Filed under: Lecture — lalydo @ 20:14
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Vent d’Est Vent d’Ouest de Pearl Buck

Kwei-Lan est une jeune chinoise qui s’apprête à se marier selon les coutumes ancestrales. Elle ne connait pas son futur mari, avec lequel elle est fiancé depuis sa naissance. Lorsqu’elle se retrouve avec lui pour la première fois, c’est le choc. Ce jeune chinois revient de l’Occident où il a fait ses études de médecine. Loin des vieilles traditions, il lui apprend à bousculer les codes établis, ce qu’elle a bien du mal à faire. Parrallèlement, le frère de Kwei-Lan, parti aux Etats-Unis faire lui aussi ses études, revient marié à une jeune américaine, contre l’avis parental et la coutume qui le veut fiancé à une chinoise. C’est la rencontre entre l’Ouest et l’Est, un véritable choc des cultures.

C’est le premier roman de Pearl Buck, auteur américaine qui vécut une partie de sa vie en Chine. J’avais déjà lu 2 ouvrages de cet écrivain il y a presque une dizaine d’années, tous portés sur la Chine et quelle surprise pour moi de découvrir aujourd’hui qu’elle est en réalité américaine! Elle parle tellement bien de la Chine et de ses us et coutumes, que lors de mes premières lectures je l’ai cru chinoise. (Il faut dire que si je m’étais renseignée sur elle à l’époque… je l’aurais su 😉 !)

Ce roman situe son action dans les années 1930 et traite principalement du choc des cultures entre l’Occident et l’Orient. Traité sous forme de journal intime, ce livre raconte l’histoire d’une femme femme élevée dans la pure tradition chinoise, qui se retrouve confrontée lors de son mariage à un homme qui a passé quelques années en Occident. Cette jeune femme élevée pour être la servante de son mari, pour lui donné un héritier, fait face à des choses auxquelles elle n’a pas été préparée. Comme être l’égale de son mari par exemple. Au départ, elle réagit par servitude (c’est ce qu’une femme doit faire pour son mari) et peu à peu elle s’émancipe et fait les choses par envie (elle apprend beaucoup au contact de son mari) et surtout par amour, sentiment qu’elle découvre avec émerveillement. Elle se retrouve alors prise entre 2 feux : l’envie de s’émanciper et le respect dû à ses parents et donc aux traditions. C’est lorsque son frère revient marié à une américaine, qu’elle est le plus tiraillée. Car finalement bien que surprise par celle qu’elle appelle l’étrangère, elle finit par se prendre d’amitié pour elle, de voir l’amour qui existe entre eux, de comprendre que son frère veuille ne plus se marier dans les traditions. Mais à côté de cela, elle sait que ses parents attendent du fils héritier qu’il se montre digne de la famille, qu’il respecte ses engagements, et c’est vis à vis du respect parental, que parfois elle rejette l’étrangère.

Dans ce livre, on comprend bien que c’est la peur du nouveau, de l’inconnu qui la fait réagir de cette manière. Car finalement, épaulé par son mari, elle s’émancipe doucement, prend sa place auprès de son mari, affronte sa mère et défend son frère au nom de l’amour. Ce n’est pas un roman à l’eau de rose mais bien une prise de position quant à l’émancipation de la femme dans la société chinoise. Ce roman écrit en 1930, est toujours d’actualité concernant le choc des cultures entre l’Est et l’Ouest, le choc entre les générations et la place de la femme dans certaines sociétés… C’est un très beau livre sur la tolérance, sur l’apprentissage de l’autre qui finalement n’est jamais aussi éloigné de nous que l’on veut bien le croire…