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La Foire des Ténèbres 2 février 2011

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La foire des ténèbres de Ray Bradbury

A quelques jours d’Halloween, Will et Jim voient arriver en plein nuit une étrange fête foraine. Celle-ci est peuplée de monstres plus effrayants les uns que les autres et semblent bien plus dangereuse qu’elle n’y parait. Les 2 adolescents vont assister à d’étranges évènements…

Mes seules lectures de Ray Bradbury jusque là, ont été Chroniques Martiennes, que j’ai lu en sixième et qui m’avait fortement déplu, et Farenheit 451, lu il y a une dizaine d’années après avoir vu le film de l’excellent François Truffaut. Et celui-là, j’ai adoré. Un peu tiraillée par ces 2 expériences mitigées, je me suis lancée dans ce livre (piqué à mon homme).

J’ai eu un peu de mal à rentrer dedans. Les premières pages n’arrivaient pas à m’accrocher. Pourtant, une fois l’intrigue lancée, j’ai lu ce roman avec un grand plaisir. L’auteur nous invite dans un univers sombre, à la fois surnaturel et poétique. Cette fête foraine et surtout ce qui s’y trame, s’apparente à une sorte de rite d’initiation pour ces ados qui passent de l’enfance à l’âge adulte. L’auteur joue sur les peurs de l’enfance, sur l’envie de grandir et en même temps pour les adultes, l’envie de repartir en arrière.  Sous la forme d’un conte, Bradbury aborde la peur de chacun face à la vieillesse, face à la mort. Ce récit permet à chaque personnage de faire son propre cheminement et chacun acquiert en maturité.

Malgré quelques passages descriptifs qui m’ont laissé un peu perplexe (j’aime bien lorsque je lis des descriptions, m’imaginer tout de suite la scène mais ici, parfois, j’avais beau relire certaines lignes plusieurs fois, rien n’y faisait je n’arrivais à visualiser), j’ai été embarquée dans cette histoire. J’ai aimé cet univers, à la fois sombre et poétique, effrayant et en même temps initiatique.

Il existe un film issu de ce livre La foire des ténèbres, réalisé par Jack Clayton et produit par Disney. Je serais curieuse de le voir, car j’ai très envie de découvrir cette histoire en images. Sinon, M. Tim Burton, si vous ne savez pas quoi faire, vous pourriez peut-être ne faire une adaptation, non? 😉

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Je suis une légende 7 janvier 2011

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Je suis une légende de Richard Matheson

Robert Neville est seul. Seul dans une ville qui ne vit que la nuit, peuplée de créatures touchées par une étrange épidémie.  Chaque nuit, c’est la lutte pour sa survie. Chaque jour, il cherche à comprendre. Mais est-il vraiment seul?

Fans du film Je suis une légende avec Will Smith, passez votre chemin! J’avais bien aimé le film à sa sortie mais j’ai été bien plus emballée (une fois n’est pas coutume) par le livre. L’intrigue est extrêmement différente et l’approche du personnage bien plus profonde.

Robert Neville est seul et cette solitude est la base du roman. Il lutte pour survivre mais c’est avant tout cette isolation forcée qui lui pèse. On sent un homme perdu, qui sombre dans l’alcoolisme pour ne plus penser, ne plus avoir à affronter une réalité trop difficile, un homme face à ses propres angoisses. A plusieurs reprises, je me suis demandée pourquoi, il cherchait tant à survivre. Chaque nuit, il doit se cloitrer pour sauver sa peau… ce n’est pas une vie! Mais finalement, je me suis rendue compte que dans cette situation, il n’est pas forcément aisé de prendre ce genre de décision, que la vie à son intérêt aussi, qu’il faut savoir se protéger et se préserver, quelque soit le monde qui nous entoure. C’est bien la réalité de notre vie quotidienne, non? 😉

Ce roman est extrêmement moderne. Bien qu’écrit en 1954, Richard Matheson a réussi à ne pas le marquer dans une époque et on peut le lire aujourd’hui ou dans 30 ans, sa force restera la même ainsi que les questionnements engendrés par cette histoire.

Moi qui ne suis pas une fan de science-fiction, je me suis laissée porter par l’histoire. L’explication et la rationalisation du vampirisme m’ont convaincu et parut crédible, en bonne cartésienne que je suis. J’avoue avoir quand même décroché lors des explications scientifiques, qui m’ont laissé dans un flou total sur quelques pages. Passé ce détail, le style de l’écriture, l’angoisse sous-jacente, l’émotion qui se dégagent de ce livre, ont fait de cette lecture un très bon moment, bien loin de la niaiserie que l’on nous a servi au cinéma.

Un magnifique roman qui traite de la différence, de la solitude, un roman résolument moderne qui peut se comparer à beaucoup de situations actuelles. A lire.

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Des Souris et Des Hommes 13 décembre 2010

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Des souris et des hommes de John Steinbeck

Dans les années 30, aux États-Unis, Georges et Lennie sillonnent les routes à la recherche d’un travail. Georges veille sur Lennie, un grand colosse à l’intelligence enfantine. Ils partagent un rêve : réunir suffisamment d’argent pour avoir leur bout de terrain. Leur arrivée dans un ranch va changer leurs vies.

Je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre en ouvrant cet ouvrage de John Steinbeck. J’ai hésité à plusieurs reprises avant de le commencer mais une fois commencé, j’ai été très vite prise par l’histoire.

Des souris et des hommes est une magnifique histoire d’amitié entre 2 êtres que tout oppose. Lennie, une force de la nature un peu simplet, fait route avec Georges, un homme sec et vif, qui pense parfois que sa vie serait plus simple sans son compagnon. Alors que rien ne semble les rassembler, au fil des pages, on sent un lien extrêmement fort entre ces 2 hommes, bien au delà des mots.

Car ce qui fait la force de ce roman, au delà de cette amitié, c’est l’écriture. Le livre est court et efficace et ne se laisse pas aller à des descriptions inutiles sur les lieux et les personnages. Chaque partie commence par un description d’un nouveau lieu, dans lequel l’action se passera, comme si chaque chapitre ouvrait une nouvelle scène dans une pièce de théâtre. Les lieux sont posés, place à l’action. Le lecteur voit tout cela de l’extérieur sans jamais entrer dans les pensées des personnages. On assiste à des dialogues, des gestes et tout le livre nous place en tant que spectateurs. Durant toute ma lecture, je me serais vraiment cru au théâtre.

Le fait de donner un point de vue uniquement extérieur ne m’a pas du tout dérangé bien au contraire. Loin de nous donner l’impression de ne pas étoffer ses personnages en ne nous livrant pas leurs pensées ou leur vécu, les paroles et les attitudes de  chacun permettent au lecteur de se faire un avis sur chaque protagoniste. Je me suis très vite attachée aux 2 personnages principaux et à leurs rêves.

Je suis passée par une belle palette d’émotions durant ma lecture, ce qui est déjà rare en soi et surtout sur un roman aussi court. Il y a vraiment une grande force dans l’écriture de ce livre, car il n’y a vraiment aucune fioriture, juste des personnages dans un moment donné de leurs vies, des émotions, un lieu, un évènement et le talent de l’auteur fait le reste. Ce livre simple regorge de richesses humaines et émotionnelles et se place très haut dans les chefs d’œuvres de la littérature. Ils sont rares les bouquins qui m’ont fait verser des larmes et celui a réussi à me marquer au fer par sa beauté et sa puissance. Il ne quittera pas ma bibliothèque de si-tôt!

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Doggy Bag – Saison 1 1 décembre 2010

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Doggy Bag – Saison 1 de Philippe Djian

Marc et David ont l’air d’avoir tout pour être heureux. Pourtant, 20 ans auparavant, les deux frères ont faillit s’entretuer pour les yeux de la belle Édith. Et voilà qu’un beau jour, elle fait de nouveau irruption dans leur vie.

Ce titre comporte 6 saisons, comme une série télé. D’ailleurs, le livre est présenté un peu comme tel : « une série romanesque mixée sur les platines des séries télé auxquelles il a eu la bonne idée d’emprunter les codes, la vitesse, et la structure en 24 images secondes » (source éditions 10-18). Et effectivement, dès les premières, pages les personnages principaux sont présentés comme dans un générique. En avançant dans la lecture, on sent que Philippe Djian emprunte les codes des séries pour l’appliquer à son roman. Un peu comme dans Dallas, en fait. Et j’aime pas Dallas!

Le livre a le mérite de se lire vite, mais c’est tout. L’histoire est mal amenée, on sent tout de suite ce qui va se passer, l’intrigue est quasiment inexistante… A plusieurs reprises, je me suis bien demandée ce que c’était que ce bouquin! Les séries actuelles sont plus captivantes et pourtant je suis la première à vouer un cultes aux livres avant les séries! Plus on avance dans la lecture, plus on espère qu’il se passe quelque chose pour finalement arriver à un dénouement dont on se doutait dès les 20 premières pages.

Je suis vraiment déçue, car lorsque j’ai découvert l’auteur en parlant à la télé, je m’attendais à quelque chose de vraiment intéressant car innovant. Ce n’est pas seulement un livre en 6 tomes, non sur le fond, c’est vraiment écrit comme pour une série télé et cela pouvait apporter quelque chose de nouveau. Malheureusement, l’histoire n’est pas captivante et ne s’attache pas du tout aux personnages, complètement insipides.

J’ai longtemps hésité à me lancer dans cette lecture, car je pensais qu’il me faudrait lire toutes les saisons à la suite et en fait, je n’ai plus du tout envie d’acheter les saisons suivantes!

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La Communauté du Sud : Quand le Danger Rôde 15 novembre 2010

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La Communauté du Sud : Quand le Danger Rôde de Charlaine Harris

Les vampires sont sortis de l’ombre et vivent désormais parmi les humains. A Bon Temps, dans le sud des États-Unis, l’arrivée du premier vampire dans cette petite ville va bouleverser la vie de tous ses habitants. A commencer par Sookie, la serveuse télépathe. La ville n’as pas fini d’être secouée, car une série de meurtres sont perpétrés.. Qui sont les coupables? Humains? Ou Vampires?

A force d’entendre parler de True Blood (et j’ai un vrai fan à la maison), ça commençait à me titiller. Mais plutôt que de commencer par la série, j’ai voulu attaquer les livres dont sont issus les épisodes. Surtout que j’avais lu à divers endroits que c’était sympa, bien loin du style Twilight qui ne me tente pas du tout…

C’est un livre qui se lit très facilement, on est vite happé par l’histoire, les personnages et on a envie d’en savoir plus sur la suite de l’histoire. J’ai vraiment lu les 300 pages rapidement (moi qui avait passé 2 mois sur le précédent) et cela a été un plaisir de se laisser entrainer dans ce roman.

Mais, oui il y a un mais, j’ai trouvé cela assez… gnangnan… (Ça sent la bonne critique, hein??? :D) Plus sérieusement, je m’attendais à une écriture plus adulte, j’ai parfois eu l’impression d’être dans un livre pour adolescentes en fleur qui rêve du grand amour. Moi je voulais du sang, de l’action, du gore… ben, non en fait pour ça, il faut regarder la série. Il manquait quelque chose d’accrocheur pour rendre ce livre vraiment passionnant à mes yeux.

Charlaine Harris a su créer un univers avec ses codes mais cela manque vraiment de mordant (hahahaha, elle est bonne, hein?). J’ai trouvé que ce roman sentait un peu trop l’eau de rose pour moi. Et du coup, je suis super déçue. Et du coup, je me suis lancée dans la saison 1 de True Blood! Et ça, c’est chouette!!!

Pour l’instant, je n’ai pas envie de ma laisser tenter par les autres livres. J’ai pris une douche froide et je préfère laisser cela de côté. Pour tous ceux qui ont lu les livres de la série, vos avis sont les bienvenus pour tenter de me convertir! En attendant, je vais retourner à True Blood et au charme ensorceleur de Stephen Moyer qui joue Bill le ténébreux vampire… 😉

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Dis moi comment tu lis, je te dirais qui tu es… 25 août 2010

Il ya quelques jours sur le blog Before Sunset, Captain répondait à un tag sur la lecture et proposait à ceux qui le désiraient, d’y répondre. J’ai trouvé ce tag super sympa alors j’ai décidé de participer!

Plutôt corne ou marque-page?
Marque-ta-page (comme dirait Dany Boon)!!! Ca peut varier d’un ticket de caisse au beau marque-page que mon homme m’a offert il y a quelques années. Il représente Droopy au bout d’une tige en plastique que l’on glisse entre les pages pendant que Droopy apparait sur la tranche du livre. Malheureusement mon chat me le vole, alors en ce moment il est rangé bien précieusement… Mais en tous cas, jamais de corne! Mes livres sont trop précieux pour que je leur fasse subir cela!

As-tu déjà reçu un livre en cadeau?
Bien sûr! Ce sont souvent des beaux-livres parlant de mes différents centres d’intérêt : cinéma, photo, Bretagne, plongée…

Lis-tu dans ton bain?
Je l’ai déjà fait… je prends rarement des bains mais lorsque c’est le cas, je préfère emmener un magazine, c’est plus sûr!

As-tu déjà pensé à écrire un livre?
Oui, plus petite j’aimais bien écrire des petites histoires… mais je laisse ce talent à d’autres, ça vaut mieux je crois!

Que penses-tu des séries de plusieurs tomes?
Si cela me plait pourquoi pas? A partir du moment où il y a une fin! J’ai horreur des filons que l’on use jusqu’à la corde sans jamais savoir s’arrêter. J’ai lu Harry Potter, Millenium et ma première saga c’était L’Esprit de Famille de Janine Boissard, sur la vie de 4 ou 5 soeurs de leur adolescence jusqu’à leurs premiers amours, que ma tante m’avait conseillé.

As-tu un livre culte?
Oui et non. Certains m’ont fortement marqués comme L’Alchimiste de Paulo Coelho, Si c’est un Homme de Primo Levi ou encore Le Parfum de Patrick Sünskind. Mais je suis assez curieuse et j’ai encore beaucoup à découvrir!

Aimes-tu relire?
Les livres cités précédemments sont les rares que j’ai relu. J’aime découvrir mais quand le livre m’a vraiment plu je m’autorise une petite relecture… et puis j’ai relu tous les Harry Potter juste avant la sortie du dernier, histoire d’être bien dedans avant le grand dénouement!

Pour ou contre rencontrer les auteurs des livres que l’on a aimés?
Pourquoi pas? Bien je ne saurais pas quoi leur dire… Alors plutôt que de dire des âneries, je préfère éviter en fait!

Aimes-tu parler de tes lectures?
Bof. J’en parle sur le blog parce que ça me permet de donner mes impressions mais quand je me retrouve face à quelqu’un qui a eu les mêmes lectures que moi, ça reste assez superficiel…

Comment choisis-tu tes livres?
Un titre, une quatrième de couverture, un classique, un coup de coeur, une recommandation… il a plein de choses qui font que je vais me tourner vers un livre plus qu’un autre. Le hasard, c’est pas mal aussi!

Une lecture inavouable?
Non, pas vraiment. Je suis assez curieuse, je ne m’interdis rien mais il ya des domaines qui ne m’attirent pas comme l’héroïc-fantasy ou la science-fiction.

Des endroits préférés pour lire?
Bien calée dans mon canapé ou dans mon lit, dans un transat au soleil… le tout est d’être bien installée, ça facilite une bonne lecture!

Un livre idéal pour toi serait…
Un roman qui me fait vibrer et ressentir tout un tas d’émotions, que ce soit du rire, des larmes… Un livre qui marque, qui fait réfléchir..

Télé, jeux-vidéos ou livres?
Je ne regarde pratiquement plus la télé et franchement ça ne me manque pas! J’aime bien de temps en temps me faire un petit jeu sur une console mais rien ne remplace un bon livre.

Lire et manger?
Grignoter plutôt… en mangeant un petit gouter! Mais quand je mange seule, ce serait plutôt un magazine, quelque chose qui ne craint rien!

Lecture en musique, en silence ou peu importe?
Cela dépend de ma lecture. Si c’est quelque chose d’assez léger, je me mets l’iPod sur les oreilles. Sinon, j’aime bien lire dans le silence.

Livre électronique?
Et plus de livre entre les mains??? Non, j’aime trop le contact du papier entre mes doigts!

Es-tu pour le partage des livres ou préfères-tu une bibliothèque séparée de la personne avec qui tu vis?
Alors (et c’est du vécu…) : bibliothèque séparée!!! Je suis très possessive avec mes livres! J’ai du mal à prêter, c’est bête mais mes livres sont des petits joyaux très très précieux pour moi!

As-tu des livres dédicacés?
Oui, un! Un magnifique livre sur les phares, dédicacé par le photographe Philip Plisson him-self!!! Celui-là, j’y tiens!

Tu lis quoi en ce moment?
Le choix de Sophie de William Styron.

Comme Captain, je propose  celui ou celle qui veut y répondre de se faire plaisir… et vous?Vous lisez comment?

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La Métamorphose 20 août 2010

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La Métamorphose de Franz Kafka

Un matin, Gregor se réveille transformé en insecte géant. Malgré ses sentiments d’homme, il n’a plus rien d’humain et doit faire face à la répulsion de sa famille.

Depuis le temps que j’entendais parler ce livre, je me suis enfin lancée. Il faut dire que je m’attendais à un pavé, complexe à lire… alors que c’est vraiment tout le contraire! Très court, d’une écriture très limpide, il se lit vraiment avec beaucoup de facilité. Et on se prend très vite à l’histoire.

Un jeune homme, Gregor, voit soudain sa vie basculer lorsqu’il se transforme en insecte géant. Alors que Franz Kafka aurait pu faire basculer cette histoire dans le fantastique le plus complet, il choisit au contraire de transposer ce fait extraordinaire dans la plus pure ordinarité. Et cette métamorphose quoique que pas banale et répugnante, parait presque naturelle. Comme nous voyons tout du point de vue de Gregor, les sentiments humains qu’il continue d’éprouver, nous font avoir de l’empathie pour lui. Car malgré sa transformation, il reste le plus humain de tous les personnages, à savoir sa famille. Ces derniers, bien que choqués par cet évènement, montrent plus de répulsion et d’indifférence sur son état que de pitié et d’intérêt. Sa jeune soeur, prend sur elle de s’occuper de lui dans les premiers temps, mais rapidement cette tâche lui pèse. Ce qu’il faut savoir de Gregor, c’est que c’est grâce à lui que la famille vivait confortablement depuis la perte d’emploi du père. La préoccupation première de la famille devient donc de chercher comment subsister sans Gregor et non de tenter de trouver une solution pour ce pauvre jeune homme. Finalement, comme il ne sert plus à rien, ils s’en désintéressent. Pendant ce temps là, lui se débat avec tous ses sentiments qu’il ne peut exprimer et contre toute cette indifférence. La force de ce roman est de démontrer que finalement n’est pas parasite qui parait l’être. Il montre ainsi la complexité des rapports humains et l’importance du paraitre dans notre société, bien que l’action se déroule il y a près d’un siècle. Alors que l’on pourrait croire le cercle familial plus soudé dans les épreuves que n’importe qui d’autre, on se rend compte qu’il n’en est rien et que ce sont même peut être les rapports les plus complexes qu’il puisse exister. Kafka était en pleine crise familiale au moment de la rédaction de ce livre, on peut voir dans cette histoire un écho à ses propres doutes, lui qui peine à trouver sa place parmi eux.

Ce roman, parfois même appelé « nouvelle », est court, efficace et très bien écrit. Je me suis prise d’affection pour Gregor, lui la « bête humaine », seul face aux humains parasites, assoiffés de paraitre et sans scrupules. Un excellent roman, résolument moderne pour l’époque (1912), qui trouve toujours une résonnance par les thèmes abordés à notre époque. Je comprends mieux, l’ayant ENFIN lu, pourquoi une telle réputation le précède.

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Mort Aux Cons 6 août 2010

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Cela pourrait être le slogan de mon nouveau parti politique… mais non, c’est juste le titre d’un livre! 😉

Mort aux cons de Carl Aderhold

Un citoyen lambda, décide un jour d’éliminer les cons qu’il rencontre sur sa route. Mais peu à peu, il se sent investit d’une mission, visant à débarrasser le monde des cons.

Le titre m’a tout de suite interpellée. Qui n’a jamais rêvé d’étrangler son voisin qui joue de la perceuse un dimanche matin, de lancer une bombe dans le groupe de jeunes qui ne parlent pas mais hurlent sous vos fenêtres à 2h du mat’, d’écraser l’automobiliste qui vous a grillé la priorité…? Et ben lui, il le fait et lance même une théorie sur le sujet et les classe par catégorie!

L’idée de ce roman est bonne mais n’est pas traitée à sa juste valeur. Malgré les réflexions du personnage principal autour de la connerie,il ne se dégage pas grand chose de l’histoire. Au début, cela semble prometteur mais l’histoire s’essouffle rapidement, j’ai eu l’impression de tourner un peu en rond. Pourtant j’aime vraiment la base de l’histoire! Il n’y a pas de côté moralisateur dans ce roman, les cons sont partout et de tous les genres : on en rencontre tous les jours des comme ceux-là! Alors l’idée de tuer tous les cons qui nous empoisonnent la vie, était assez jouissive… malheureusement il ne se dégage rien de particulier autour de cela. Et en plus, j’ai été déçue par la fin… elle aurait pu suivre une certaine logique mais non, elle tombe juste à plat!

Pour le premier roman de Carl Aderhold, ce n’est pas si mauvais (malgré mes critiques assassines!). Car il réussit à faire passer tous ces meurtres pour une action normale visant juste à débarrasser le monde d’une espèce de vermine. C’est même drôle parfois, certaines situations prêtent à sourire car on se retrouve aussi dans celles-ci. Les cons représentés on les a tous croisé un jour ou l’autre et parfois on a même peur que le prochain con, ce soit soi-même! Je pense que cette histoire aurait pu être plus captivante, si l’écrivain n’avait pas laissé trainer les choses sur 300 pages…

En bref, un livre que je conseille quand même ne serait-ce que pour l’idée elle-même. C’est divertissant, ça se lit bien. Et comme on ne peut pas passer à l’acte (et des fois, je me dis que c’est bien, bien dommage!!! Parce que moi, je ne sais pas pourquoi, je suis un aimant à cons…), autant se servir de ce livre comme exutoire aux cons, non? 😉

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Le Magasin des Suicides 10 juin 2010

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Le Magasin des Suicides de Jean Teulé

Dans un futur peut être pas si éloigné, tout va mal. Et s’il y a un magasin qui tourne à plein régime, c’est bien le Magasin des Suicides! Dans la boutique des Tuvache, vous trouverez tout pour réussir votre mort : couteaux, poisons, cordes… Secondés par leur ainés, le commerce familial prospère. Jusqu’à l’arrivée du petit dernier, un enfant joyeux et optimiste qui va tout chambouler…

Le livre avait tout pour plaire : un univers morbide et décalé, de l’humour noir… Mais je n’ai pas accroché du tout! Avec un tel sujet, l’auteur aurait pu aller plus loin dans les situations, l’humour et l’absurdité. Dès le début, la conclusion est téléphonée. Malgré une fin plus surprenante que prévue, je l’ai trouvé bâclée. C’est un livre très court, mais il aurait presque été mieux en nouvelle, pour moins brasser d’air!

J’ai trouvé que cela manquait de finesse, j’ai eu l’impression que l’auteur, Jean Teulé, faisait plus une liste de toutes les bonnes idées qu’il avait eu autour du thème et qu’il mettait ça bout à bout sans que cela ait vraiment de sens. Les personnages et les situations sont assez caricaturaux, les traits sont forcés… j’aurais vraiment aimé plus de subtilité. Je n’ai rien d’une pessimiste mais mais l’optimisme du petit dernier m’a ennuyé! Tout est rose dans dans le monde de Oui-Oui et noir chez la famille Adams… mouais, bof bof…

Je pense vraiment qu’il y avait matière à faire autour de ce thème, quelque chose de plus grinçant, de plus drôle… Mais l’auteur n’a pas réussit à m’embarquer et je suis vraiment très très déçue…

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Alice de l’autre côté du miroir 1 juin 2010

Alice de l’autre côté du miroir de Lewis Carroll

Alice s’ennuie et rêve de pénétrer dans le monde inversé qui se trouve dans son miroir. Une fois de l’autre côté, elle découvre un monde qui n’est autre qu’un échiquier géant. Elle fera la connaissance de la Reine Rouge, de la Reine Blanche, d’un œuf érudit, de drôles de jumeaux et prendra part, tout au long de son périple, à une partie d’échecs afin de devenir elle-même une reine.

Bien que les films s’intitulent Alice au Pays des Merveilles, que ce soit le dessin animé de Walt Disney ou bien encore le film de Tim Burton, ils sont tous les 2 un condensés d’Alice au Pays des Merveilles et d’Alice de l’autre côté du Miroir. La trame principale est bien entendu le voyage d’Alice dans le pays merveilleux, mais le dessin animé et surtout le film reprennent des personnages et des scènes du second opus. C’est ainsi que Bonnet Blanc et Blanc Bonnet (Tweedledee et Tweedledum), le non-anniversaire, les fleurs qui parlent, la reine rouge et le reine blanche ou bien encore le Jabberwocky, sont en fait issus de ce livre.

De nouveau, Alice voyage dans un monde imaginaire et fait la rencontre de personnages plus curieux les uns que les autres. Dès le départ, la fillette sait qu’elle part pour un périple qui a pour but de faire d’elle une Reine et prend donc part à une partie d’échec grandeur nature.

Lewis Carroll utilise, comme dans son roman précédent, le monde du songe. De même, il réutilise toutes les subtilités linguistiques qui avaient fait la force d’Alice au Pays des Merveilles : le non-sens, l’homonymie… Pourtant, il crée une nouvelle histoire, un nouvel univers et ne marche pas du tout sur les plates-bandes du Pays des Merveilles. J’ai même trouvé qu’il poussait encore plus loin l’absurdité aussi bien dans les dialogues que dans les situations.

J’ai lu Alice au Pays des Merveilles dans une édition absolument géniale, car non seulement la préface expliquait bien le livre et en plus de ça, il y avait de nombreuses annotations qui permettait de bien comprendre les jeux de mots de la langue originale. Pour De l’autre côté du Miroir, j’ai eu entre les mains une édition « jeunesse » sans aucune explication autour! Cela m’a un peu frustrée au départ, car je craignais de ne pouvoir saisir toutes les subtilités. Mais, au contraire, j’ai trouvé que ce livre était finalement plus…clair que le précédent! Je n’étais pas obligée de regarder les notes toutes les 5 min et la traduction était vraiment très bien faite! On saisit bien tous les jeux de mots, les non-sens et l’absurdité des conversations qu’Alice tente d’avoir lors de ses différentes rencontres.

J’ai adoré un personnage que je n’ai jamais vu dans les adaptations cinématographiques (et c’est vraiment dommage), c’est le Cavalier Blanc. Dans le genre loufdingue, on ne peut pas faire pire!!! C’est sûrement un des personnages les plus décalés que j’ai pu lire dans ces 2 romans  et il est devenu mon personnage préféré! Un cavalier qui ne tient pas à cheval et qui tombe tous les 2m, ça vaut quand même le détour!

Avec cette suite, qui est quand même très indépendante du premier roman, Lewis Carroll confirme son talent d’écrivain pour enfant. Il crée un nouveau genre de contes de fées et révolutionne l’écriture enfantine. Ses lecteurs sont emmenés dans des histoires qui les aident à se trouver et à grandir. Ce roman est même une preuve qu’Alice a grandit et que ce voyage la fait murir : de « pion » baladé de parts en parts dans le Pays des Merveilles, elle devient « Reine » de l’autre côté du Miroir. Loin des contes classiques, Lewis Carroll a su vraiment trouver un style à part, que je conseille aux petits comme aux grands!

Pour retrouver les précédents articles sur Alice : Alice au Pays des Merveilles (le film du grand Tim) et Alice au Pays des Merveilles : le dessin animé et le livre .

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