Lalydo's Blog

Lalydo's life

La Rafle. 21 août 2010

La Rafle.

Paris, 1942. Alors que la France oscille entre collaboration et résistance, les juifs sont obligés de porter l’étoile jaune. Mais ce n’est rien à côté de la vaste opération de déportation organisée par Vichy, qui conduira 13000 juifs au Vélodrome d’Hiver, première étape française avant les camps de la mort des nazis.

Aucune objectivité dans ce qui va suivre, autant vous prévenir! Ce sujet me touche, je vous en ai déjà parlé (voir l’article La Vague) et c’est forcément plus difficile de voir ce film d’un œil neutre.

Il m’a été difficile de rester insensible devant ce film. Tout d’abord par le sujet. Rarement abordée, la rafle du Vel’ d’Hiv est pourtant un élément important de notre histoire. On a souvent tendance a oublier que la France a tenu un grand rôle dans la déportation des juifs, qu’il existait des camps comme à Drancy… Cela reste tabou et j’ai apprécié que la réalisatrice Roselyne Bosch, aborde ce thème. On a tendance à parler des allemands, de ce qui s’est passé en Pologne mais on garde le silence sur le rôle de Vichy dans ces évènements. Un choix judicieux, donc pour le thème de ce film, qui a éveillé ma curiosité.

Difficile de rester insensible également, avec le parti pris de réalisation, qui met en avant le point de vue des enfants. Au niveau historique, aucun enfant n’est revenu vivant des camps de la mort après cette rafle. C’est en regardant un documentaire que la réalisatrice s’est rendu compte qu’un enfant avait réussi à s’échapper. C’est ainsi qu’est né le personnage de Jo Weisman, du nom de cet enfant rescapé. J’ai trouvé ce parti pris intéressant, car il est rare dans les films que ce soit les enfants qui soient mis à l’honneur. De plus, ils sont super attachants, notamment le petit Nono, un adorable gamin plein de fraicheur et de spontanéité. De plus, Rose Bosch met bien en avant le fait que les enfants étaient comme les parents destinés à la mort. Cela est montré par les séquences du gouvernement, filmées de façon assez sinistre, pour bien ajouter à l’horreur de la situation. Autour d’une table, ces messieurs du gouvernement parlent de vies humaines comme du dernier film sorti en salles… J’ai bien aimé ce contraste entre ce qui se passait à Vichy, caméra posée, plans fixes, et ce qui se passait chez les « raflés », entre bonheur, rafle, horreur… avec une caméra proche des gens, à l’épaule.

Un film très émouvant mais qui pour moi ne tombe pas dans le pathos. Les acteurs n’en font pas trop, j’ai apprécié Gad Elmaleh, Mélanie Laurent et Jean Reno, dignes dans leurs personnages, qui ne nous font pas tomber dans le larmoyant malgré le sujet abordé, mais nous font vivre beaucoup d’émotions : l’optimisme vu par le père de Jo, comme beaucoup de juifs il ne voulait pas y croire, croyait en la France, la résignation vue par le médecin juif, qui comprend vite l’ampleur de la catastrophe et l’horreur vue par l’infirmière, qui prend peu à peu conscience de ce qui se passe sans vraiment vouloir y croire. Ajouté à tout cela, les policiers qui obéissent sans ne rien faire… on est dans l’Histoire, avec tous ces acteurs, les persécutés, les oppresseurs, les témoins… L’émotion vient par l’histoire, qui ne peut laisser insensible. Certaines scènes sont dures mais cela fait partie aussi de notre histoire, Histoire qu’il ne faut surtout pas oublier.

J’ai trouvé que ce film était une belle leçon d’histoire, pleine d’émotions, qui mérite d’être vu. Un bel hommage pour toutes ces familles décimées pendant l’Holocauste, un film qui nous rappelle que tout cela n’est pas si éloigné, que la folie des Hommes peut à tout moment reprendre le dessus.

La Rafle.

Année de Production : 2009

Pays de production : France

Réalisateur : Roselyne Bosch

Acteurs : Mélanie Laurent (Annette Monod) – Gad Elmaleh (Schmuel Weisman) – Jean Réno (Dr. David Scheinbaum) – Raphaëlle Agogué (Sura Weisman) – Hugo Leverdez (Jo Weisman) – Sylvie Testud (Bella Zygler)

Retrouvez moi Sur Facebook ou sur Hellocoton!