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Le Jeu de la Mort 19 mars 2010

Mercredi soir, j’ai regardé le documentaire diffusé sur France 2, Le Jeu de la Mort.  Cette émission fait écho à l’expérience réalisée en 1963 à l’université de Yale par le psychologue Milgram, au cours de laquelle des cobayes interrogent un acteur (ce qu’ils ignorent) qui est sensé avoir retenu une liste de mot. Chaque mauvaise réponse doit être sanctionnée d’un choc électrique. Bien entendu, les cris et les décharges sont faux mais  il résulte de cette expérience que 62% des participants continuent le jeu car ils se contentent d’obéir.

image programme-tv.net

Sur ce principe, le documentaire de Christophe Nick veut démontrer les dangers de la télévision, et en particulier de la télé-réalité, en réitérant cette expérience sous forme de jeu télévisé. Les questionneurs, sous l’influence de la présentatrice, sont cette fois 81% à aller jusqu’au bout.

Ce documentaire, largement décortiqué et analysé par des chercheurs et des psychologues, comme Jean-Léon Beauvois, tente de nous démontrer les dérives de la télévision et son influence tout en insistant bien sur la notion d’obéissance, tout comme dans la première expérience de Milgram. On pourra dire que cette émission loin de faire l’unanimité, aura fait couler beaucoup d’encre… J’ai tendance à penser que la télévision qui cherche à cracher dans la soupe en nous montrant les dérives de ce qui la fait vivre, c’est un peu l’hospice qui se fout de la charité… On est en droit de se demander quand s’arrêtera la manipulation… Mais ce n’est pas de ce sujet que je voulais parler ici.

Ce qui est le plus impressionnant, surtout au vu de l’expérience de Milgram qui n’a vraiment rien à voir avec la télévision, c’est de mettre en avant l’obéissance dont peuvent faire preuve certaines personnes dans une situation qui les met en position de bourreaux. Cela ne vous rappelle pas un de mes sujets de lecture privilégiés???

Dans le documentaire, tout tourne autour de la télévision mais ce que j’en ai retenu, ce sont les notions avancées par les psychologues qui interprétaient les comportements des candidats. Ces gens, issus de toutes les couches sociales, se sont retrouvés face à une même situation, qui les éloignaient de leurs valeurs sociales ou même culturelles, et qui les projette seuls, dans une situation inconnue et inhabituelle face à laquelle ils ne savent comment réagir. Il est démontré que par notre éducation et la société dans laquelle nous vivons nous conditionne à une certaine obéissance (à nos parents, aux lois…) et que face à une perte de repères de ces valeurs, l’être humain se retrouve à obéir plus ou moins aveuglement à une autorité qui les rassure (ici la présentatrice qui les encourage sans cesse à continuer). C’est toute l’explication de tous ces actes barbares perpétués sous différentes dictatures! C’était tout l’intérêt de l’émission qui, par  cette expérience, nous démontrait que encore aujourd’hui l’Homme est encore capable de commettre des horreurs. Malheureusement cela n’a pas été assez mis en avant et toute l’émission a tourné autour du thème télévisuel. Ce qui est vraiment dommage car Le Jeu de la Mort aurait pu, pour ma part, avoir cette notion instructive sur un sujet qui me parait, aujourd’hui encore, être primordial (mais là, bien entendu, cela n’engage que moi, hein…). Alors oui, je suis un peu déçue de l’orientation choisie mais j’ai quand même appris énormément et cette émission vient vraiment en prolongement de mes dernières lectures (Le liseur, La vague…), ce qui l’a rendue d’autant plus intéressante!

Je conseille ce documentaire mais pas sous l’aspect dont il nous est présenté… Cela fait longtemps que l’on sait que la télévision nous prend pour des c_ _ _  😉 !!!

 

La Vague 11 février 2010

Filed under: Lecture — lalydo @ 08:00
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La Vague de Todd Strasser

Aux États -Unis, dans les années 70. Après avoir visionné un film sur le nazisme, les élèves s’interrogent sur la façon dont le régime a pu exister sans que personne ne réagisse. Ne sachant comment répondre à ses étudiants, le professeur d’histoire décide de tenter une expérience en recréant une sorte de dictature, de microcosme totalitaire. En 5 jours la vie du lycée s’en trouve complètement perturbée.

Oui… encore et toujours dans ma période nazisme et holocauste… Il est vrai que depuis quelques mois, je n’arrête pas : Apocalypse, Le Rapport de Brodeck, Si c’est un Homme, Le Liseur, La part de l’Autre, La Vague… et ce n’est pas fini : j’ai d’autres livres sous le coude et l’envie de revoir Nuit et Brouillard aussi… Et pourquoi me direz-vous? Et ben j’sais pas vous répondrais-je… 😀 Depuis le collège où j’ai découvert ce sujet, j’ai toujours été très intéressée, peut-être parce que des membres de ma famille ont vécu cette guerre et que j’ai pu en parler avec eux.. mais je pense aussi que cela a été un grand choc. Et aujourd’hui d’une certaine manière par ces lectures, ces films, je tente de comprendre et je veux aussi ne pas oublier. Car finalement, toute cette idéologie malsaine, ces persécutions, ne sont pas si éloignées que ça de nous encore aujourd’hui. Je ne veux pas oublier et je ne veux surtout pas que cela se reproduise, alors je cherche à comprendre… Voilà, je voulais tenter d’expliquer cet intérêt, vu que beaucoup de mes lectures traitent de ce sujet!

Ce petit aparté pour d’une certaine manière introduire le livre qui prouve bien que cela peut se reproduire n’importe où n’importe quand. C’est une histoire romancée d’après des faits réels. Je tiens à le préciser, car finalement c’est assez difficile de savoir ce qui s’est exactement passé dans ce lycée américain, car l’expérience et ses conséquences sont restées assez secrètes et ce, pendant de nombreuses années. Le professeur à l’initiative de la Vague n’en a lui-même parlé que très tard et son discours comportant quelques incohérences ajouté aux témoignages divergentes des protagonistes… il est vraiment difficile de savoir ce qui s’est réellement déroulé ces jours-là.

Cette histoire est assez effrayante. On se rend compte que le totalitarisme ne demande qu’à prendre le pas. Avec une facilité déconcertante, le professeur réussit à mettre en place un mouvement qui, sous prétexte de créer une unité, prive les élèves de toute notion de liberté et de libre-arbitre. Rapidement, le mouvement prend des proportions inquiétantes, avec des membres devenant virulents avec les contestataires. Il se crée un climat de terreur et de peur, sentiment propre à la dictature politique. Le professeur bien que très animé par cette expérience devient vite dépassé par l’ampleur que prend l’évènement. Todd Strasser nous pousse à la réflexion avec ce livre. On ferme le livre et on se sent mal à l’aise : finalement cela peut encore arriver! C’est une véritable remise en question sur notre part d’ombre, sur le pouvoir, la liberté, le libre-arbitre… L’écriture renforce bien de sentiment de malaise ressenti en lisant cette histoire : c’est court, ça se lit vite tout comme l’expérience décrite dans le livre.Et j’avoue que c’est assez prenant et tout autant effrayant!

Ce livre est étudié par les écoliers allemands pour bien leur faire comprendre leur Histoire (triste ironie qu’ils apprennent leur Histoire par les américains…) et je pense que ce livre devrait être plus connu pour faire prendre conscience aux gens des dangers du pouvoir.

Ce livre a une adaptation cinématographique assez libre, La Vague de Dennis Gansel. Sachant que le livre est déjà une adaptation d’un téléfilm sur le sujet et que le film adapte le livre… A suivre…! 😀

Pour en savoir plus sur les évènements, allez voir la page Wikipédia ici.